Histoires & Souvenirs

Collecteur de mémoires

Madeleine

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Née le 8 septembre 1930

A Châlette sur Loing ( Loiret )

 Mon père était employé des chemins de fer. Il travaillait beaucoup sur les essieux des trains. Nous étions sept enfants,  j’étais la troisième.

Nous vivions dans une maison que mes parents louaient. Evidemment à l’époque,  il n’y avait pas de machine à laver, pour la lessive  il fallait aller au lavoir qui était à un kilomètre de la maison. Soit j’allais aider ma mère lorsqu’il y avait les draps,  pour plier, soit, la plupart du temps, j’aidais  mon père qui avait un grand jardin.

Nous allions glaner. C’était très amusant. Dans ces campagnes,  on fait le blé, l’orge et tout cela. Et donc, pour nourrir les poules, les canards et tout ce que l’on avait, nous allions glaner. C’est-à-dire, qu’aux endroits où il y avait eu les bottes de blé dans les champs, nous allions ramasser les épis qui étaient tombés. Nous avions de beaux épis. Mon père avait fabriqué un fléau pour taper les épis et ainsi ramasser les graines.

Je suis allée à l’école jusqu’au certificat d’études. C’était la guerre, nous habitions à six kilomètres de la ville, sans aucun moyen de transport, nous ne pouvions pas aller plus loin dans les études.

Quand il fallait aller faire les courses,  nous devions passer par les champs. Nous ne pouvions pas passer par la route car il y avait les Allemands.  Je faisais le ravitaillement, pour nous tous qui étions neuf à table, avec mon vélo.  J’avais des sacoches et une cagette sur le porte-bagages.

 Je me souviens, j’ai dormi huit jours dans une cave. De peur de cette guerre qui cassait tout, qui brisait les carreaux. À Saint-Firmin-des-Vignes il y avait une voie ferrée qui desservait un pipeline, et il y avait des trains de munitions qui venaient là. Un jour,  ils ont fait sauter un train de munitions.  J’ai vu un obus tout rouge passer juste au dessus de mon père.

Ensuite, nous sommes partis en exode pour fuir cette guerre. Nous voulions partir dans le massif central,  car c’était beaucoup plus calme que chez nous. Nous dormions dans les granges des fermes ou sur le bord des fossés. J’avais peur, j’étais toujours blottie contre mon père. L’exode, c’était quelque chose d’important. Par ce chemin ce n’était vraiment que de la campagne. Toutes ces voitures à cheval, avec les grands-mères sur le faîte du chargement, avec les armoires, les lits !

 Avec mon père,  nous n’avions pas pris tout cela. Il a conduit une voiture alors qu’il n’avait même pas le permis.  Il n’avait jamais touché une voiture, il n’avait qu’une moto qu’il avait montée lui-même. C’est un ami à mon père qui lui a dit de prendre sa voiture pour partir. Nous sommes partis à deux voitures, avec le monsieur du café d’en bas. Moi, j’étais dans le fond de la voiture du monsieur, toute pliée car il n’y avait pas assez de place pour s’asseoir sur un siège, c’était de petites voitures.

1 Comment

  1. Histoires-et-Souvenirs

    4 mai 2016 at 13 h 33 min

    Le texte de Madeleine a été collecté lors du second projet avec le foyer logement du Ronquet à Sorgues (84700) en 2015.

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