Histoires & Souvenirs

Collecteur de mémoires

Liliane

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Née le 4 octobre 1927

A Avignon ( Vaucluse )

Je suis née à Avignon en 1927. La famille de mon père est de Sorgues, je suis moitié Avignonnaise moitié Sorguaise. Mon père était mécanicien auto.

Mon grand père maternel était entrepreneur de maçonnerie à Avignon puis il a arrêté et il a acheté le café Modern qui, maintenant, est une épicerie traiteur dans l’angle de la rue Armée des Alpes à coté du théâtre de l’Astrolabe à Sorgues. Il est donc venu à Sorgues avec sa famille et c’est là que mon père a connu ma mère.

Ils avaient dix huit ans tous les deux et comme un garçon ne se mariait pas avant le service militaire il est parti à vingt ans et à vingt deux ans ils se sont mariés.

A l’origine le café Modern était une maison bourgeoise avec un grand terrain. Mon grand père a acheté le fond et il avait tout l’ensemble. Sur le terrain il y avait un grand bâtiment qui était l’écurie de la maison bourgeoise. Et de l’écurie il en a fait un cinéma, le Modern. Il tenait donc le café et le cinéma. À l’époque il y avait déjà le cinéma Tivoli place de la république.

A cette époque il n’y avait pas de chômage à Sorgues. Il y avait beaucoup d’entreprises. Il y avait la minoterie Chevalier, une fabrique de soie, une d’engrais, du coté du cimetière une fabrique de cristaux. Il y avait une usine qui faisait les pierres à aiguiser, il y avait une teinturerie sur la route de Vedène. Il y a encore une roue en bois et un petit bout de pont. On y teignait le tissu pour faire les bleus de travail. Tout a disparu maintenant. Sorgues était un village très vivant, il y avait beaucoup de cafés, de très belles propriétés.

Mon grand père entre temps a vendu le café et comme il avait toujours sa maison à Avignon, impasse Bonneaud dans l’avenue des Sources,  ils sont retournés là bas.

Mes parents se sont mariés à Avignon et je suis née à Avignon, dans le quartier des Sources. À l’époque, après le quartier des Sources ce n’était que des maraîchers. Jusqu’à la Durance il n’y avait que des paysans. Il n’y avait pas La Rocade, il y avait des prés. Comme ce n’est pas loin du dépôt de la SNCF, il y avait beaucoup de commerces autour. Beaucoup de personnes habitaient là parce que les maris étaient soit cheminots sur place soit ils étaient roulants.

Mon père a travaillé dans des garages à Avignon et nous venions toutes les semaines à Sorgues voir mes grands parents.

Pendant la guerre il y avait très peu de distraction à Avignon. Les jeunes en sortant du lycée ou les filles en sortant de travailler faisaient la rue de la République. Cela partait de la pharmacie Laval, à l’angle de la rue Joseph Vernet, jusqu’à la place de l’Horloge. On allait et on revenait, on ne faisait que ça. Et il y en a beaucoup qui ont rencontré leur futur mari en se promenant comme cela.

Le jour du grand bombardement d’Avignon la maison de mon grand père, qui est la maison de son père, très vieille mais très solide quand même,  a eu vingt huit vitres de cassées et deux cloisons démolies. Et lorsque, plus tard, nous avons fait refaire la toiture et bien nous avons retrouvé un éclat d’obus.  Ce bombardement a été dramatique.

1 Comment

  1. Histoires-et-Souvenirs

    4 mai 2016 at 13 h 30 min

    Le texte de Liliane a été collecté lors du second projet avec le foyer logement du Ronquet à Sorgues (84700) en 2015.

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