Histoires & Souvenirs

Collecteur de mémoires

Josette

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Née le 14 mars 1941

A Sorgues ( Vaucluse )

Pour Noël, nous avions une mandarine et une noix.  À l’Arbre de noël nous mettions des boules de coton pour la décoration avec de la farine dessus pour faire la neige. Nous n’étions pas riches mais il y avait beaucoup d’amour. Mes parents s’adoraient, même après cinquante ans de mariage.

Je suis allée à l’école laïque, celle qu’il y a encore, à la montée du cimetière. J’ai eu mon certificat d’études. Nous avons tous suivi l’école.

Je me souviens, il y avait eu les inondations. Je devais avoir dix ans. Je prenais la barque au niveau de la pharmacie. C’était les soldats qui nous menaient  jusqu’à la place Saint Pierre. Après, il fallait monter pour aller vers l’école, alors les militaires nous laissaient là. Sorgues était inondé jusqu’au premier étage des maisons autour de l’église. Il n’y avait pas de pompe, rien en ce temps-là et le vieux Sorgues était tout inondé. La Sorgues passait dans le village. Dès que l’eau montait, les égouts remontaient et le vieux village était inondé.

J’ai commencé à travailler, j’avais quatorze ans. J’ai appris à faire les chapeaux. Je suis allée travailler à Avignon comme modéliste pendant deux ans, de quatorze à seize ans, dans la rue Joseph Vernet, à coté d’un fourreur, dans le centre d’Avignon. C’est là que j’ai appris à coudre. Il y avait beaucoup de ventes de chapeaux à cette époque.

Je prenais l’autocar le matin, je mangeais le midi chez ma grand-mère qui habitait Avignon et le soir je rem5prenais l’autocar qui me ramenait à Sorgues.

Ensuite,  j’ai travaillé à la « Quenette », en arrivant au Pontet. Il y avait des usines là et je faisais des plaques d’alvéoles pour ranger les fruits dans les cagettes. On faisait les trois huit quand j’ai commencé. C’est-à-dire que l’on faisait quatre heures-midi, ou midi-huit heures, ou huit heures-quatre heures du matin. Et j’allais travailler en bicyclette, de Sorgues au Pontet,  été comme hiver. Maintenant, pour aller chercher un paquet de cigarettes,  ils prennent la voiture ! Quand il neigeait nous allions travailler à pied, jusqu’au Pontet. On s’attendait devant la gendarmerie, au bord de la route. Celle qui habitait le plus loin, il lui arrivait de partir à deux ou trois heures du matin de chez elle. Elle récupérait certaine sur la route, puis moi à la gendarmerie, puis on en récupérait encore deux à la poudrerie.

Puis j’ai attendu d’avoir dix-huit ans pour aller travailler à l’Alfa. Nous faisions des rames de papier pour les écritures, pour les livres. À cette époque j’avais un Solex. Cette usine existe encore, entre la poudrerie et l’électro réfractaire, mais elle ne s’appelle plus l’Alfa.

1 Comment

  1. Histoires-et-Souvenirs

    11 mai 2016 at 8 h 40 min

    Le texte de Josette a été collecté lors du second projet avec le foyer logement du Ronquet à Sorgues (84700) en 2015.

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