Histoires & Souvenirs

Collecteur de mémoires

René

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Né le 31 mai 1917

A Ville sur Jarnioux ( Rhône )

 

J’ai retrouvé un emploi à Lyon chez un marchand qui faisait les œufs, les volailles, les cabris et les chevreaux. Il fallait tuer les bêtes, récupérer les peaux parce qu’à ce moment là on s’en servait. Il fallait  les installer pour les faire sécher et pour  quelles ne soient pas  abîmées.

J’ai fait ce travail jusqu’à ce que je vienne en Avignon.  Ma sœur habitait Le Pontet et nous sommes restés quelques mois chez elle. Mon beau frère m’a trouvé un poste chez un boucher chevalin aux halles d’Avignon. J’étais déjà un peu plus grand, j’avais 16 ou 17 ans. Il y avait une femme, c’est elle qui  m’a appris à travailler. Elle fumait des cigarettes et là bas aux halles on l’appelait  « la femme à la cigarette ». Le mari, lui, était maquignon. Il achetait les bêtes et les dépeçait. Puis le plus jeune de leurs deux fils est rentré du régiment et la patronne a préféré le reprendre  et donc …j’étais de trop.

En 1935, mon beau frère m’a fait rentrer chez VOULAND à Champfleury, une usine de charcuterie.  Elle se situait à côté du Leclerc qui existe actuellement. A la place du Leclerc  à l’époque, c’était des jardins autour de l’usine. Il y avait 400 à 500 ouvriers. On y faisait de tout, le bœuf, le porc, le saucisson, le jambon. Clairette, ma femme, y travaillait aussi et c’est d’ailleurs là que nous nous sommes rencontrés.

En 1937, je suis parti au régiment pendant 24 mois, en Algérie, à Constantine. J’ai fait  2 ans là bas et au moment où  j’allais être libéré, il y a eu la déclaration de guerre…et de ce fait  je suis resté.

Ma division est partie en Tunisie. D’autres ont pu revenir en France mais pas moi. En Libye il y avait les italiens qui avaient débarqué et on craignait qu’ils rentrent en Tunisie, c’est pour cette raison  que l’armée française y restait. Puis nous sommes revenus en Algérie pour embarquer et renter en France où cela allait très mal.

Finalement nous n’avons pas embarqué car c’est à ce moment qu’a été mis en place le gouvernement de Vichy.

Nous étions  en zone libre et avec Clairette nous avons continué à nous écrire. En France il y avait  deux zones, une occupée et une libre. Pour ma part, j’avais très  envie de rentrer pour que nous puissions nous voir, nous avions du travail et nous avions tout pour pouvoir vivre ensemble .Je suis rentré en septembre 1940.

Nous sommes restés quelques temps chacun chez soi puis les parents se sont très vite dit autant les marier.

Nous nous sommes mariés en octobre 1940.

1 Comment

  1. Histoires-et-Souvenirs

    4 mai 2016 at 13 h 17 min

    Le texte de René a été collecté lors d’un premier projet avec le foyer logement du Ronquet à Sorgues (84700) en 2012.

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