Histoires & Souvenirs

Collecteur de mémoires

Raymonde

P1080551

Née le 22 mars 1936

A Mont Saint Agnan ( Seine Maritime )

 

J’ai été enseignante à Arles, dans plusieurs écoles. Puis on m’a demandé de partir en Algérie, qui était française à l’époque, pour enseigner. Mais cela ne m’intéressait pas et j’ai alors décidé de démissionner. J’avais déjà un enfant et puis mon mari avait son travail, je ne pouvais pas partir.

Mon mari est décédé quelques années  plus tard dans un accident de la route à Salon.

Il fallait quand même que je travaille, j’ai fait de la représentation. Je vendais des trousseaux, c’est-à-dire du linge de maison, pour une maison de Paris. J’allais chez des particuliers présenter les trousseaux et trouver des clients. Mais c’était un peu pénible quand même, cela ne m’a pas vraiment plu.

Une amie tenait l’hôtel Jules César à Arles et nous allions souvent en face boire le café et discuter. Il y avait des chauffeurs de taxis que nous connaissions qui me disaient qu’il ne fallait pas que je reste seule, qu’il faudrait que je me remarie. Moi, je n’en avais pas très envie. Et puis, c’est là que j’ai rencontré mon second mari.

Il arrivait d’Afrique où il avait participé à l’africanisation des cadres. Il était ingénieur des travaux publics et il devait expliquer aux cadres sur place une certaine façon de travailler. Il avait un statut un peu particulier, il était nourri, logé, blanchi et il avait un salaire.

Quand sa mission s’est terminée et qu’il est revenu à Arles, on l’a envoyé au ministère des travaux publics à Paris. Mais il n’a pas voulu partir à Paris.

Au début, il faisait un peu le taxi, mais c’était assez aléatoire. Il ne gagnait pas très bien sa vie. Il avait été marié une première fois et il était divorcé. Il avait déjà un fils.fr

Puis nous avons fait connaissance. Il avait passé son diplôme pour être moniteur d’auto-école. Nous sommes ensuite venus dans le Vaucluse à Sorgues. Je suis allée ensuite à Montlhéry pour passer le diplôme de monitrice auto-école. J’ai été la première monitrice auto-école du Vaucluse. Avant, il n’y avait que des moniteurs.

Nous faisions passer tous les permis, j’ai moi même tous les permis. De la voiture au camion en passant par le bus ou la moto toute cylindrée. Même si je n’avais pas vraiment besoin de tous les passer.

Nous avons donc ouvert une auto-école. Je travaillais plus que mon mari car il n’y avait pas de monitrice et toutes les femmes ne voulaient prendre des leçons qu’avec moi. Je faisais quatorze heures par jour. Tous les jeudis nous faisions des cours de code gratuit.

1 Comment

  1. Histoires-et-Souvenirs

    4 mai 2016 at 14 h 29 min

    Le texte de Raymonde a été collecté lors du second projet avec le foyer logement du Ronquet à Sorgues (84700) en 2015.

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