Histoires & Souvenirs

Collecteur de mémoires

Mireille

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Née le 20 octobre 1926

A Marseille ( Bouches du Rhône )

 

 Pendant la guerre, il y a eu beaucoup de bombardements. Ce sont les américains qui bombardaient Marseille. Je me souviens une fois où j’étais allée à un marché, j’avais eu une peur terrible. Nous nous étions mis dans une cave et il y avait des allemands qui s’étaient mis également à l’abri.

C’était une période un peu agitée. Nous habitions près d’une école où il y avait une sirène. Lorsque la sirène se mettait en route, c’est que les avions arrivaient. Nous nous mettions vite dans la cave ou bien il y avait un tunnel dans le boulevard Chave, qui est parallèle à la rue de l’Olivier. J’étais jeune et j’en ai vu des choses dans ce tunnel. J’y ai vu une femme qui accouchait, j’y ai vu de tout !

Marseille était occupée. On voyait les allemands marcher au pas dans les rues en chantant, je n’aimais pas ça. Mon père écoutait Radio Londres. Mais on pouvait le surprendre à n’importe quel moment, c’était interdit d’écouter la radio. De plus, mon père mettait la radio assez fort. J’avais peur qu’un jour on voit les allemands arriver.

Une fois j’étais allée avec mon père chercher des pommes de terre. Mais quand nous sommes revenus, il y avait le couvre-feu. Quand nous sommes arrivés rue de l’Olivier nous avons vu deux allemands qui venaient vers nous. Ils nous arrêtent et nous font rentrer dans un couloir. J’avais vraiment très peur.

Ils nous expliquent que l’on avait dépassé l’heure du couvre-feu et qu’il ne fallait pas être dehors. Mon père a alors sorti le sac de pommes de terre pour montrer que nous étions sortis pour cela. Finalement, ils nous ont dit de rentrer chez nous. Ce jour là, j’ai bien cru qu’ils allaient nous « zigouiller ». Il y en avait quand même de bien des soldats allemands !

Nous n’avions rien à Marseille, ce n’était pas comme à la campagne. Il y avait une épicerie avec une pancarte où était écrit « Vente d’œufs ». Et bien à quatre heures du matin, il y avait déjà des clients qui faisaient la queue. Si tu arrivais un peu plus tard il n’y en avait plus. Il y avait des tickets pour le pain, des tickets pour tout.

Il n’y avait que des betteraves. Ça, il y en avait. D’ailleurs je ne risque pas d’en manger maintenant. Nous avions régulièrement des coupures de gaz et d’électricité et ces betteraves nous les apportions au boulanger pour qu’il les mette dans son four. Normalement chacun devait faire une marque pour pouvoir reconnaître sa betterave, mais une fois cuite pour retrouver sa marque c’était impossible ! Cela donnait des disputes où chacun réclamait la plus grosse en disant que c’était la sienne.

1 Comment

  1. Histoires-et-Souvenirs

    4 mai 2016 at 13 h 36 min

    Le texte de Mireille a été collecté lors du second projet avec le foyer logement du Ronquet à Sorgues (84700) en 2015.

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