Histoires & Souvenirs

Collecteur de mémoires

Maurice

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Né le 22 mai 1924

A Paris

papa

Mon papa était de Brive, ma maman de Montpellier. Je suis né à Paris, en 1924, au 64 boulevard Diderot dans le douzième arrondissement, c’est vers la gare de Lyon. J’y ai vécu jusqu’à l’âge de 9 ans. Je suis fils unique. De Paris, j’ai très peu de souvenirs. Papa était commis de première classe au PLM (ancien nom de la SNCF). Il travaillait dans les bureaux. Mais il était de santé précaire. Il avait des miasmes, il tombait en syncope. Il a demandé à être mis à la retraite et nous avons quitté Paris. Nous sommes partis à Montpellier.

J’ai voyagé pour la première fois dans un hamac attaché entre deux compartiments. C’est peut être pour cela que j’ai toujours aimé voyager. Enfant, vers 4 ans, mes parents m’envoyaient en vacances dans les Alpes, chez des cousins. Je buvais du lait à 6 heures du soir, avant de manger, j’étais très bien.

Ma grand-mère habitait Montpellier et nous pensions pouvoir y vivre. Je me souviens j’étais pensionnaire à l’école religieuse. Mais la santé de mon papa s’aggravait toujours. Nous avons vu un vieux monsieur qui était guérisseur, il nous a dit qu’il fallait qu’il parte de Montpellier. Puis la guerre a éclaté. Alors nous sommes partis à Vals les Bains, en Ardèche.

Je garde de bons souvenirs de Vals les Bains. Il y a la Volane qui traverse le village. Nous nagions un peu, nous péchions, il y avait des truites. J’allais à l’école à Aubenas. Après le certificat d’étude je suis allé 2 ans à l’école supérieure. Il y avait le train entre Vals et Aubenas.

Ensuite j’ai arrêté mes études et je suis partie à Brignoles, dans le Var, faire le STO (Service du Travail Obligatoire) dans les mines de Bauxite pour éviter de partir en Allemagne. Je contrôlais les wagons qui sortaient de la mine.

Puis nous sommes venus dans le Vaucluse, à Vedène pendant deux ans, puis  à Sorgues. J’ai beaucoup souffert du manque de viande, de sucre, j’étais carencé. Maman a eu une chute d’organe dû à la perte de poids. Elle a perdu 32 kg. C’était dur, je ne suis pas allé en Allemagne mais c’était dur. Il y avait les restrictions. Nous venions  de Vals où nous avions  tout ce que nous voulions, et à Vedène nous étions  privés de tout. Je n’avais même pas de vélo à cette époque, sinon j’aurai pu faire du marché noir dans les campagnes.

J’ai vu les allemands dans Sorgues. Il fallait faire attention, il y avait le couvre feu. Il fallait rentrer à 21h le soir. Après, il ne fallait plus personne dans les rues. Il y avait des perquisitions.

1 Comment

  1. Histoires-et-Souvenirs

    4 mai 2016 at 13 h 43 min

    Le texte de Maurice a été collecté lors d’un premier projet avec le foyer logement du Ronquet à Sorgues (84700) en 2012.

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