Histoires & Souvenirs

Collecteur de mémoires

Louis

Louisx

Né le 5 février 1941

A Entraigues (Vaucluse)

 J’ai fait de belles choses, moi, quand même. Durant toute ma jeunesse, de l’âge de, je ne sais pas moi, six ans, jusqu’à l’âge de quatorze ans, quand je suis parti chez ma sœur Coco aux Angles,  j’étais à Entraigues. Et tous les soirs, quand j’arrivais de l’école, on allait chercher nos feuilles de mûrier, parce que là où on habitait, on avait trois chambres et en haut, il y avait un grand grenier. Et nous, on y avait installé des paillasses, pour faire des vers à soie. Et, des vers à soie, on en avait !  Oh la la, je ne sais pas moi ! …  Et le soir on allait chercher nos feuilles pour nos vers. C’était bien.

Quand j’étais gamin j’avais ma bande à moi. J’avais huit, dix ans, douze ans. Ah oui, j’avais ma bande à moi, how! On l’appelait la bande à Loï. Il fallait voir.  Le père d’un copain, il nous avait prêté un champ, et nous, on était des vrais indiens. On avait notre tepee. On avait pris un grand morceau de bois, on avait fait le totem au milieu du terrain. Et tous les jeudis, on mettait notre costume, avec des plumes, de la peinture de guerre, des arcs. Et puis, les parents étaient avec nous, parce qu’ils nous préparaient à manger, et on mangeait dans notre machin. Tous assis en indien. Il y avait les deux jumeaux d’Entraigues (il y en a un, il est marié avec mon ex belle-sœur, maintenant). Il y avait mes deux cousins,  les deux frères G. et moi. Et moi, j’étais le chef. Le chef de la bande. La bande à Loï. On était renommés, oh oui ! Et la seule fois où j’y étais pas, il y a un jumeau, il a fait tomber un rocher de trente-deux tonnes sur lui. Il était sous le rocher de trente-deux tonnes. Et après, de dessous le rocher, c’est lui qui rassurait sa mère. Ils étaient en train de creuser une caverne, et le rocher, il s’est décroché.  Il y a eu juste son frère qui a eu le pied cassé. Mais lui, il était en dessous du rocher. Le rocher, il avait la forme d’un haricot, et il était juste coincé. Sa mère elle pleurait, et lui il la rassurait. Il lui disait: « Maman, j’ai rien, t’inquiètes pas, je suis bien. ». Ce n’était pas son jour.

1 Comment

  1. Histoires-et-Souvenirs

    11 mai 2016 at 8 h 39 min

    Le texte de Louis a été collecté dans l’entourage direct d’un membre d’Histoires et Souvenirs en 2008.

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