Histoires & Souvenirs

Collecteur de mémoires

Louis

LOUIS1

Né le 21 avril 1920

A Orange ( Vaucluse )

J’ai pour ma part toujours aimé travailler. Mon père avait un bon morceau de vigne et un grand jardin. Tout petit déjà je travaillais la vigne et le potager. Je n’ai jamais eu envie de m’amuser, d’aller faire du vélo ou de jouer au ballon. Je restais  toujours à la maison où je travaillais même le dimanche. J’ai eu la chance d’avoir une belle jeunesse.

Je suis sorti de l’école à l’âge de 12 ans, depuis je ne me suis jamais arrêté de travailler et je n’ai jamais vraiment été malade.

Il y avait un Monsieur CHELEURETTE que l’on connaissait bien et qui était bourrelier. Un bourrelier est celui qui répare les harnachements des chevaux, les brides, les licols. Un jour il m’a demandé si ce travail me plairait,  cela m’attirait vraiment. Au début j’y suis allé le jeudi, à cette époque il n’y avait pas d’école ce jour là. Je cardais le crin à la machine. J‘ai fait ce travail jusqu’à l’âge de 15 ans environ. Et un jour il s’est arrêté de travailler, il a fermé la boutique. Il nous a payé un bon restaurant, il était très sympathique.

Son voisin qui était marchand de charbon, M. COURTIL, était un homme connu et apprécié de tous. Il m’a dit : « Louis, si tu veux venir je te prends ». J’avais 15 ans environ. Alors je suis allé travailler chez lui. Il me faisait remplir les coupes de charbon pour que les camions n’aient plus qu’à charger. Il y avait la bascule automatique et quand les 50 kilos étaient atteints on tirait le levier et tout  coulait dans la coupe de charbon. Je suis resté un moment à ce poste.

Après j’ai quitté ce travail et je suis parti à la campagne. Il y avait M. BERNAS et ses filles qui vendaient du lait en faisant du porte-à-porte. Je les connaissais bien. Il m’a proposé de venir travailler avec eux. Là c’était vraiment la campagne, les moissons, le fourrage etc. J’habitais à la ferme et j’allais voir normalement  mes parents le dimanche. Mais il arrivait que même le dimanche il y ait du travail. Nous étions plusieurs employés là-bas, dont un qui ne s’occupait que des vaches.  Le matin avec le tombereau on ramassait le fumier.

Ensuite j’ai été placé dans une autre ferme qui appartenait à un docteur, à coté de Gargas. Il avait dix hectares de vignes, il y avait un peu de tout. Pour s’en occuper, il y avait déjà un employé et moi j’y suis allé en renP1050323fort. Je passais la sulfateuse, la soufreuse, je taillais la vigne. Et il fallait aussi ramasser les sarments.

Un jour j’ai demandé à mon frère qui était employé à la SNCF comme ouvrier d’entretien, si je ne pouvais pas travailler avec lui. Le lendemain, il en  a parlé  au chef de district et celui-ci lui a répondu que je n’avais pas besoin de faire de demande, il suffisait que je vienne. A cette époque on  manquait de personnel.

Je suis rentré à la SNCF en 1944, j’avais 24 ans. Et j’y suis resté jusqu’à la retraite. J’étais poseur de voies. Il fallait remplacer les rails qui étaient en mauvais états ou les  joints. Maintenant ce sont des rails qui font peut-être trois ou
quatre kilomètres et on utilise un appareil de dilatation. J’ai été envoyé une fois à Marseille  pour un poste où je devais faire des rapports, mais le métier de bureau « ce n’est pas mon truc ». J’étais fait pour le manuel.

 

1 Comment

  1. Histoires-et-Souvenirs

    4 mai 2016 at 13 h 18 min

    Le texte de Louis a été collecté lors d’un premier projet avec le foyer logement du Ronquet à Sorgues (84700) en 2012.

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