Histoires & Souvenirs

Collecteur de mémoires

Jeannine

jr

Née le 19 janvier 1925

A Avignon ( Vaucluse )

 

Je suis née à Avignon, le 19 janvier 1925, dans un quartier vers le lycée Aubanel. Mon père était employé de banque et maman à ce moment là ne travaillait pas. Nous étions quatre filles.

Comme nous étions nombreux, papa faisait du travail supplémentaire, il faisait de la comptabilité. Puis après maman a pris une épicerie, sur le boulevard St Ruf, avant le boulevard Sixte Isnard. Mon père faisait le marché à cinq heures du matin au pied des remparts et ramenait tout ce qu’il fallait, fruits et légumes. Il installait tout cela dehors pour que maman reste à l’intérieur. Et à huit heures il allait travailler à la banque. Il a toujours été un papa plein pot, il travaillait presque tout le temps, la nuit et le jour.

En vacance, nous allions en Ardèche chez mes grands-parents maternels, à Chandolas, à dix kilomètres de Ruoms et Vallon Pont d’Arc. Maman nous mettait là-bas et nous gardions les chèvres. En revenant on en avait « ras la casquette » parce que les chèvres, ça va n’importe où ! Il fallait toujours courir après. Elles mangent tout, les mûriers, la vigne, en fait, tout ce qu’il ne faudrait pas toucher. Nous devions les surveiller mais nous avions envie de nous amuser donc il arrivait qu’elles mangent les mûriers et nous nous  faisions gronder.       

Quand la micheline passait, nous pouvions enfin rentrer. Il fallait rentrer toutes les chèvres dans l’écurie et après nous devions aller au village chercher le pain.

C’était une punition d’aller là-bas et toutes les années nous y passions toutes  les vacances d’été parce que mes parents n’avaient pas les moyens de nous envoyer en colonie. Pour y aller il fallait prendre le car puis le train et il y avait des changements, les cars n’allaient pas directement au village, ils s’arrêtaient à Alès.

Comme papa et maman travaillaient, le dimanche nous allions au patronage. Le matin c’était la messe et l’après midi nous allions aux vêpres. C’est une cérémonie où l’on prie. On pouvait jouer un peu mais quand il fallait aller aux vêpres on n’avait pas le choix. Qu’on le veuille ou non c’était comme ça. Quelque fois au patronage il y avait le cinéma, ce n’était pas comme maintenant. A cette époque c’étaient sur des gros rouleaux. Nous étions si contents ! Cela nous changeait car nous n’avions rien d’autre ! Maintenant les enfants ne sont jamais contents. Nous, nous n’avions rien alors nous étions contents d’avoir un petit quelque chose. Puis papa a vendu l’épicerie parce que maman avait les jambes toutes enflées.

1 Comment

  1. Histoires-et-Souvenirs

    4 mai 2016 at 13 h 39 min

    Le texte de Jeanine a été collecté lors d’un premier projet avec le foyer logement du Ronquet à Sorgues (84700) en 2012.

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