Histoires & Souvenirs

Collecteur de mémoires

Jeanine

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Née le 2 mars 1933

A Lyon ( Rhône )

J’ai fait ma scolarité à Anse, jusqu’au certificat d’étude. C’est-à-dire jusqu’à quatorze ans. Ensuite j’ai fait un an d’école ménagère, on y apprenait à faire la cuisine, la couture, le repassage. Puis je suis allée à l’usine  pour gagner des sous parce qu’on n’en avait pas de trop. Ce n’est pas une époque où les parents donnaient de l’argent de poche. J’ai travaillé à Villefranche-sur-Saône dans la confection. Villefranche  était la capitale de la confection. On fabriquait des bleus de travail, des petites robes pour enfants. J’ai fait cela pendant onze ans.

Pour aller travailler je n’avais pas de véhicule. Il y avait environ six kilomètres. Moi j’arrivais toujours en retard car je prenais le car mais il n’arrivait pas pour sept heures. Comme on devait pointer à l’arrivée, moi je ne commençais qu’à sept heures et demie. On était payé à la pièce en ce temps là. Celle qui était habile gagnait plus que celle qui était moins habile.

Et l’hiver, quand il y avait de la neige, les cars ne passaient plus. Alors nous, petit à petit, nous avancions dans la neige à pied et l’on faisait les six kilomètres pour arriver à Villefranche et aller travailler.

Je faisais partie de l’amicale laïque et il y avait l’appel de l’amicale laïque vers le jour de l’an. Moi je vendais des billets de tombola et c’est là que j’ai rencontré celui qui allait devenir mon mari. On a discuté, je lui ai dit que je travaillais à Villefranche, que je rentrais par tel car et un jour, à la descente du car, je l’ai vu. Puis après, ben ma foi, ça a suivi le cours de la vie.

Ma sœur, qui était plus jeune que moi, elle me servait de chaperon quand j’ai commencé à fréquenter mon mr3ari. Quand il fallait aller chercher le lait à la laiterie, j’y allais avec mon mari, qui était mon fiancé à l’époque, et ma sœur venait avec nous. Si elle voyait que l’on s’embrassait, aussitôt elle disait : « Je le dirai à papa que tu as embrassé le garçon ! » On lui donnait quatre sous, elle allait s’acheter des bonbons et on lui disait de ne rien dire. On apportait les dragées aux amis avant de se marier, c’était comme ca chez nous, et bien il fallait toujours que ma sœur soit avec nous. Jusqu’à mon mariage !

Je me suis mariée en bleu marine et blanc. Nous n’avions pas les moyens pour avoir une grande robe. Le costume de mon mari était fait du même tissu que mon tailleur, nous les avions fait faire.

1 Comment

  1. Histoires-et-Souvenirs

    4 mai 2016 at 14 h 26 min

    Le texte de Jeanine a été collecté lors du second projet avec le foyer logement du Ronquet à Sorgues (84700) en 2015.

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