Histoires & Souvenirs

Collecteur de mémoires

Jean

jean_bertolin1

Né le 11 juin 1931

à Le Pontet (Vaucluse)

J’ai vu battre aux fléaux. Moi, quand je vois des fléaux dans les musées, je rigole parce que ceux qu’on voit là, c’est les plus pourris, c’est ceux qu’on ne pouvait même pas utiliser, parce que ceux qui était bons, ils ont été usés jusqu’à la corde. Les gars, ils avaient le manche adapté à leur main. La longueur de la faux, elle était faite à leur taille, parce que quand toute la journée, tu te penches sur une faux, et bé, si la longueur n’est pas adaptée à toi, tu souffres, hé ! Pour le fauchage, ils travaillaient en batterie, c’est-à-dire, l’un derrière l’autre.  Et là, tu as intérêt à suivre le rythme parce que celui qui arrive derrière, il te coupe les jambes. Pour en revenir au fléau, ils faisaient cela avec du cuir, l’articulation ; c’était des petites merveilles. Ca marchait, bow bow bow, on aurait dit des roulements de tambour. Ils faisaient ça dans une grange. Au Pontet, ils faisaient très peu de blé. Mais il y avait les lentilles et les pois cassés ; il y avait de l’orge, de l’avoine et du seigle, mais très peu de blé. Ils faisaient un peu de blé pour avoir de la farine pour leur pâtisserie, mais ils devaient en faire 400 kilos par an, de blé, dans les fermes. Aujourd’hui, avec une moissonneuse-batteuse, un gars il fait 100 fois plus de production qu’avec un fléau !

1 Comment

  1. Histoires-et-Souvenirs

    4 mai 2016 at 14 h 40 min

    Le texte de Jean a été collecté dans l’entourage d’un membre d’Histoires et Souvenirs en 2009.

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