Histoires & Souvenirs

Collecteur de mémoires

Gisèle

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Née le 15 mars 1934

A Sorgues ( Vaucluse )

Ma grand-mère était de la région de Salon de Provence, Sénas, et ma mère est née à Sorgues. Mon papa était un vosgien de Raon-l’Etape. Pendant la première grande guerre, il était seul avec sa mère et ils n’avaient plus rien à manger, plus aucune ressource. Ils sont alors venus à Sorgues.

Et moi,  je suis une véritable sorguaise, je suis née rue des Remparts.

Pendant la guerre, mes grands-parents maternels avaient une épicerie dans la rue principale de Sorgues à l’époque, la rue des Remparts. Ils vendaient de la nourriture, des graines, un peu de tout. J’aimais beaucoup aider ma grand-mère à tenir le commerce. Je coupais le Roquefort, c’était difficile de faire de jolie tranche car ça s’émiettait. Je pesais les graines. Le soir on triait les haricots piqués par la vermine.

On collait les tickets de rationnement en fonction de l’âge du propriétaire, puis on apportait les feuilles à la mairie.

En ce temps, il y avait, place Saint Pierre et place de la Mairie, des tranchées pour se mettre à l’abri lors des bombardements. Sorgues était occupé, il y avait le couvre-feu. Il y avait beaucoup de marché noir. Mais je ne me souviens pas avoir manqué de quelque chose, ma grand-mère avait le commerce et mon grand-père avait son jardin. Il nous apportait toujours des surprises.

Papa est parti cinq ans en Allemagne pour le STO. C’était le Service du Travail Obligatoire. Lorsqu’il est revenu il a fallu qu’il réapprenne à marcher. Il se tenait à un fil de fer tendu du mur de la maison jusqu’au portail. Peu après son retour, j’ai eu une sœur de quinze ans ma cadette. Mon père disait que c’était « un retour de manivelle ».

Maman faisait des ménages et mon père travaillait à la poudrerie.

J’ai fais ma scolarité à Sorgues à l’école des filles, jusqu’au certificat d’études puis je suis allée travailler. Moi je voulais être vendeuse dans un grand magasin, mais  ma mère ne voulait pas que j’aille à Avignon apprendre le métier. Elle voulait que je sois secrétaire. C’est comme cela que j’ai commencé, j’avais quinze ans moins quinze jours, à la maison du meuble Olivier à Vedène, où je m’occupais de la finition des meubles. Je les ponçais, les teintais et les vernissais au tampon. J’allais travailler à vélo, du centre de Sorgues jusqu’à Vedène. J’y suis restée cinq ans. Ensuite j’ai fais les boulots que je trouvais.

Sorgues était très vivant à l’époque. Il y avait trois salles de cinéma plus la salle de l’église, la salle Sainte Cécile, où ils passaient des films de temps en temps ou du théâtre. Maintenant il n’y a plus rien. Il y avait un bal permanent dans le centre, pas très loin de chez moi, c’était la sortie des jeunes. Tout le monde se connaissait, il y avait une bonne ambiance. C’était le bon temps comme on dit.

1 Comment

  1. Histoires-et-Souvenirs

    4 mai 2016 at 14 h 30 min

    Le texte de Gisèle a été collecté lors du second projet avec le foyer logement du Ronquet à Sorgues (84700) en 2015.

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