Histoires & Souvenirs

Collecteur de mémoires

Elise

ELISA1

Née le 29 juillet 1926

A Cannes La Bocca ( Alpes Maritimes )

 

Mes parents étaient espagnols, Valenciens. Après la guerre de 14 – 18 ils sont venus en France. À l’époque la France était « démolie  ». Il y avait eu beaucoup de morts et il y avait un grand besoin de main d’œuvre, alors les Italiens et les Espagnols sont arrivés. Mon père était travailleur agricole mais il est allé où il pouvait trouver un peu de travail, c’était sur la côte. Je suis née à Cannes, La Bocca plus précisément. Mon père et ma mère travaillaient là-bas. C’était en juillet 1926.

Ensuite if1ls sont allés dans le Var quelque temps, à Puget. En fait, ils allaient où il y avait du travail et où ils étaient le mieux payés. Quand il y a une grande famille à nourrir, c’est important. Nous étions sept enfants. C’est à la force de leurs bras qu’ils ont réussi à nous élever dignement et proprement.

Quand il y a eu la deuxième guerre mondiale, la France, l’Espagne et tous les autres pays ont été touchés. Mes parents ont commencé à penser à un retour en Espagne. Ils n’avaient qu’une carte de résident et ils croyaient  que la France ne voudrait pas les garder. Ils ont récupéré un petit héritage de la famille et ils se sont décidés à repartir en Espagne. A ce moment-là, j’avais neuf ans. Mais quatre mois après notre arrivée en Espagne, la guerre civile a éclaté.

L’Espagne, j’en ai des bons souvenirs. Nous étions dans la Provincia De Valencia, à Cullera. En français on dit cuillère. Beaucoup de gens connaissent cet endroit, c’est très beau.

Malgré le fait de ne pas avoir de pain à manger et de voir ses frères qui partent tous à la guerre, cela a été une belle période de ma vie. C’est la période de l’insouciance. Elle a été une belle période parce qu’à ce moment-là je ne voyais pas le mal. Il y avait les rencontres, la connaissance des gens. Il y a eu les Allemands aussi. Ils m’avaient prise «  sous leur cape  ».   Il me disait : « Mais tu sais parler le français, pourquoi tu ne le parles pas plus souvent ? ». Moi je leur répondais : «  Avec qui ?  Mes parents n’ont jamais parlé Français  » .Alors ils me demandaient de parler Français avec eux. Ils parlaient bien le Français, ils étaient très instruits. J’étais jeune et je ne voyais le mal nulle part. Qu’ils soient communistes ou marxistes ou quoi que ce soit, je ne comprenais rien à tout cela.

1 Comment

  1. Histoires-et-Souvenirs

    4 mai 2016 at 13 h 40 min

    Le texte d’Elise a été collecté lors d’un premier projet avec le foyer logement du Ronquet à Sorgues (84700) en 2012.

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