Histoires & Souvenirs

Collecteur de mémoires

Adrien

fa

Né le 8 février 1929

A Sorgues ( Vaucluse )

 

Je suis né dans la campagne de Sorgues, au bord du Rhône, à la Jouve. Mes parents travaillaient pour un vigneron. Ils se déplaçaient soit à pied, soit en bicyclette, soit avec le cheval. J’ai eu une sœur de trois ans mon ainée et mon frère qui avait dix- huit mois de moins que moi. Je me souviens, mon père avait fixé une planche en travers du porte-bagage de la bicyclette, ma mère nous mettait un à gauche et un à droite et nous promenait ainsi. Puis leur contrat c’est terminé et nous sommes venus à Sorgues, route de Vedène, à la villa Marie-Rose. C’était à deux pas du carrefour de Saint- Anne. Nous allions à l’école de Vedène et mes parents nous avaient acheté à mon frère et à moi une petite bicyclette à chacun pour nous y rendre.

Mon père a toujours été jardinier d’une manière ou d’une autre. Il avait essayé de rentrer à l’usine de l’Alfa, une usine de pâte à papier, mais comme il avait été gazé lors de la première guerre, il avait eu sept blessures également, il ne pouvait pas supporter de travailler avec le chlore qui était utilisé pour blanchir la pâte à papier. Il y est donc rentré comme jardinier, il s’occupait entre autre du jardin du directeur de l’Alfa. Il y a travaillé jusqu’à la fin. Et il avait bien sûr son jardin à lui, pour la famille. À l’époque, dans toutes les maisons, tout le monde avait son petit potager.

Il fallait aider mon père au jardin familial. Quand j’étais tout jeune il nous demandait de biner un morceau, de désherber. J’ai commencé très tôt à avoir ce contact avec la terre,  j’ai toujours fait du jardinage.

Après la villa Marie-Rose nous avons habité au quartier de Brantes. Il y avait une ferme, mais le quartier a bien changé. Le cultivateur qu’il y avait là est décédé il y a belle lurette. !

J’ai terminé ma scolarité à Sorgues. Mais je n’étais pas un très bon élève. Je ne retenais pas les leçons, j’étais distrait. Je n’ai jamais été capable de retenir les tables de multiplications. Pendant que le maître expliquait la leçon, moi je pensais à autre chose, ça promenait dans ma tête !

De plus, j’avais un fort bégaiement qui ne me permettait pas de m’exprimer comme tous. Mes camarades riaient de ma manière de parler. Je m’énervais en essayant de m’exprimer et plus je m’énervais moins j’y arrivais. Résultat de tout cela, j’ai arrêté ma scolarité deux ans avant le certificat d’étude.fa1

C’était l’époque des restrictions. Il était difficile de trouver de la nourriture. À l’origine, mes parents étaient des bas-alpins, ils venaient d’un petit village dans les Hautes Provence. Le frère à ma mère, qui était toujours paysan dans ces régions montagneuses, avait besoin de quelqu’un pour l’aider.

J’ai eu quatorze ans début février mille- neuf- cent -quarante -trois et je suis parti de Sorgues au mois de mars pour aller travailler chez mon oncle où il y avait également ma grand-mère. À l’époque c’était courant, maintenant ils mettent les anciens dans les maisons de retraite.

1 Comment

  1. Histoires-et-Souvenirs

    4 mai 2016 at 13 h 34 min

    Le texte d’Adrien a été collecté lors du second projet avec le foyer logement du Ronquet à Sorgues (84700) en 2015.

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