Histoires & Souvenirs

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Abdelmalik

abdelmalik

Né le 5 avril 1960

A Asilah ( Maroc )

J’ai perdu ma mère il y a maintenant 19 ans. Un an plus tard j’ai quitté l’armée. Si ma mère était encore en vie, je n’aurai pas quitté l’armée. Elle était un grand soutien pour moi. Je devais me marier, elle avait choisi une fille pour moi. Lorsque ma mère est morte, j’ai un peu dévié du droit chemin, j’ai fait quelques bêtises. Mais pas des bêtises avec les gens, des bêtises avec moi-même. Je n’ai jamais eu de problème avec les autres gens. J’aime tout le monde, et tout le monde m’aime bien. Je ne fais pas de différence entre celui-ci et celui-là, nous sommes tous égaux.

Lorsque ma mère est morte, j’ai également perdu le projet d’un mariage, car c’est elle qui avait décidé  ce mariage. C’est la tradition. Ici, au Maroc, tu demandes à ta mère de te choisir une fille. Mais ma mère était morte, alors j’ai tout laissé tomber.

 Lors de ma période dans l’armée, j’ai eu des félicitations de feu sa majesté le roi Hassan II, j’ai eu des citations à l’ordre de la nation. J’en ai de bon et de mauvais souvenirs. J’avais des amis avec qui nous partagions nos vies. Certains sont morts, et moi je suis encore en vie. Je ne peux pas oublier cela. J’ai aimé l’armée. Si l’armée avait encore besoin de moi, je suis prés à répondre présent à ma patrie, ça c’est sur.

Après ma libération, en 1997, je suis revenu à Asilah. Je n’avais pas de soutien, alors il a fallu que je travaille pour gagner ma vie. J’ai choisi de faire serveur. Je suis allé à Tanger pour chercher du travail, et j’en ai trouvé dans un café populaire. C’était la première fois que je faisais ce métier, je n’avais aucune expérience. Le patron m’a dit que j’avais toutes les qualités, maintenant c’était à moi de prouver mes compétences. C’est ainsi que j’ai appris le métier. Je suis resté presque trois ans à Tanger, dans deux cafés différent. Ensuite je suis parti à Agadir chercher du travail et j’ai encore une fois trouvé une place de serveur. Quelque temps plus tard, je suis rentré à Asilah.

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Quand je suis revenu à Asilah, j’ai commencé à travailler dans un petit restaurant. Mais ca ne m’a pas convenu. Ensuite  je suis venu travailler ici. Le patron est gentil avec moi, et moi je dois travailler pour gagner ma vie. Je travaille tous les jours. Si je manque une journée, je n’ai pas d’argent. Je prends un jour de vacance par mois environ, pour aller voir ma sœur qui est professeur à Martil, c’est à côté de Tétouan. J’en profite pour voir ses enfants qui sont très gentils.

1 Comment

  1. Histoires-et-Souvenirs

    11 mai 2016 at 8 h 54 min

    Le texte de Abdelmalik a été collecté lors d’un voyage au Maroc d’un membre d’Histoires et Souvenirs en 2010.

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